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Versement PER avant le 31 décembre : quelle date compte pour 2026 ?

Les versements PER payés en 2026 se déduisent des revenus 2026. Un virement débité ou un chèque posté fin décembre, mais enregistré en janvier, figurera sur l’attestation 2027, qui sert à déclarer, et aucun texte ne règle expressément ce cas.

En bref
Pour réduire l’impôt sur les revenus 2026, un versement sur un plan d’épargne retraite (PER) doit être payé en 2026. La loi vise les sommes « versées », et l’administration ne déduit du revenu global que les charges « payées au cours de l’année de l’imposition ».
Aucun texte propre au PER ni aux charges du revenu global ne fixe de date plus précise (jour de l’ordre, du débit, de l’envoi du chèque ou de l’arrivée sur le plan). La déclaration se remplit à l’aide de l’attestation du gestionnaire, qui recense les versements effectués sur le plan au cours de l’année civile : un versement enregistré en janvier 2027 y figurera pour 2027.
Fin 2026, le calendrier est serré : le 25 décembre tombe un vendredi, le 31 décembre un jeudi et le 1er janvier 2027 un vendredi. Un ordre de virement reçu par la banque un jour non ouvrable est réputé reçu le jour ouvrable suivant, et la banque du gestionnaire peut n’être créditée qu’à la fin du jour ouvrable d’après, un jour de plus pour un ordre sur papier. Un chèque doit être reçu puis encaissé. Les délais de traitement du gestionnaire se vérifient dans le contrat ou auprès de lui.
Un versement payé en janvier 2027 n’est pas perdu pour la déduction : il compte pour 2027. Mais la baisse d’impôt recule d’un an, et la part du plafond qui venait de 2023 expire fin 2026.
Le choix de ne pas déduire un versement se fait au plus tard au moment du versement, et il est irrévocable.

Ce que disent les textes

L’article 163 quatervicies du code général des impôts (CGI) rend déductibles du revenu « les cotisations ou les primes versées par chaque membre du foyer fiscal » sur un PER, dans une « limite annuelle ». Il ne dit pas lui-même quel jour rattache un versement à une année.

La réponse vient des règles générales des charges déductibles du revenu global, dont la déduction des versements sur un PER fait partie. Pour l’administration fiscale, ces charges doivent notamment « être payées au cours de l’année de l’imposition » (BOFiP BOI-IR-BASE-20-10, § 10). Le contribuable doit établir la réalité du paiement et « justifier qu’il s’en est effectivement acquitté au cours de l’année au titre de laquelle l’impôt est établi » (§ 50, qui s’appuie sur un arrêt du Conseil d’État du 13 juillet 1963). Le BOFiP est la documentation officielle de l’administration fiscale.

Les commentaires propres au PER vont dans le même sens. Les versements volontaires « s’entendent des sommes effectivement versées sur le plan » (BOI-IR-BASE-20-50-10, § 40). Et le gestionnaire déclare chaque année à l’administration « le montant des versements effectués sur ces plans par chacun de leurs souscripteurs au cours de l’année civile précédente » (BOI-IR-BASE-20-50-30, § 110). Il remet la même information à l’épargnant avant le 1er mars (§ 130), et c’est avec ce document que l’épargnant remplit sa déclaration de revenus (§ 140).

Ce que les textes ne disent pas. Ni le CGI ni les commentaires du BOFiP propres au PER ou aux charges du revenu global ne précisent quelle date compte : celle de l’ordre de virement, celle du débit du compte bancaire, celle de l’envoi ou de la réception d’un chèque, ou celle de son encaissement. À la lettre, ils visent des sommes « effectivement versées sur le plan », dont le contribuable doit s’être « effectivement acquitté » au cours de l’année. L’attestation, elle, sert à remplir la déclaration : un versement que le gestionnaire enregistre en 2026 figure sur l’attestation 2026 ; un versement qu’il n’enregistre qu’en janvier 2027 figure sur celle de 2027. Les textes ne disent pas expressément si un paiement fait en 2026 (compte débité, chèque remis) mais enregistré en 2027 se rattache à l’une ou à l’autre année.

Pour un autre régime, celui des dépenses des professions non commerciales (bénéfices non commerciaux, ou BNC), l’administration précise que les dépenses payées par chèque ou par virement sont prises en compte « respectivement à la date de la remise du chèque ou à celle de l’inscription au débit du compte » (BOI-BNC-BASE-40-10, § 260). Cette précision n’est pas écrite pour les charges du revenu global et ne s’y transpose pas d’office ; elle montre seulement qu’une lecture fondée sur la date du paiement, du côté de celui qui paie, existe dans la doctrine fiscale.

Virement, prélèvement, chèque : où se logent les délais

Mode de versement Ce qui se passe Point de vigilance fin 2026
Virement depuis votre banque Un ordre reçu par la banque un jour non ouvrable pour elle « est réputé avoir été reçu le jour ouvrable suivant » (code monétaire et financier, art. L. 133-9). La banque du payeur doit ensuite créditer la banque du bénéficiaire « au plus tard à la fin du premier jour ouvrable suivant » ce moment, un jour ouvrable de plus pour un ordre sur papier (art. L. 133-13). Le gestionnaire doit ensuite affecter la somme au plan. Un ordre donné le jeudi 31 décembre peut n’arriver qu’en janvier ; le vendredi 1er janvier 2027 est férié.
Prélèvement demandé au gestionnaire (en ligne ou sur bulletin) C’est le gestionnaire qui déclenche le débit, à la date convenue avec lui. La date de prélèvement dépend du traitement de la demande par le gestionnaire.
Chèque Il doit être reçu par le gestionnaire, puis encaissé. Délais postaux et d’encaissement ; le vendredi 25 décembre est férié.
Versement programmé (mensuel, trimestriel…) Chaque échéance est un versement distinct, rattaché à l’année où elle est payée. L’échéance de décembre compte pour 2026, celle de janvier pour 2027.

Jours de la semaine : calendrier 2026 ; jours fériés : service-public.gouv.fr.

Les délais de traitement propres à chaque gestionnaire ne sont pas fixés par la loi. Ils se vérifient dans les conditions du contrat, dans l’espace client ou auprès du gestionnaire. Nous n’en citons aucun : à la date de rédaction, nous n’avons pas trouvé de document publié par les gestionnaires eux-mêmes pour la fin 2026.

Le cas du chèque posté fin décembre. Aucun texte propre au PER ni aux charges du revenu global ne dit si un chèque remis ou envoyé en décembre et encaissé en janvier compte pour 2026 ou pour 2027 ; la règle de la date de remise du chèque citée plus haut vaut pour les BNC, un autre régime. Ce qui est sûr, c’est le circuit : le gestionnaire doit recevoir le chèque, puis l’encaisser, avant d’enregistrer le versement, et un versement enregistré en janvier figurera sur l’attestation 2027. En cas de doute, le gestionnaire peut indiquer à quelle date il enregistrera le versement. L’administration peut, de son côté, demander les justificatifs d’un paiement déduit (BOI-IR-BASE-20-10, § 80).

Combien verser au maximum pour 2026 ?

Le montant déductible au titre de 2026 est limité par le plafond épargne retraite indiqué sur l’avis d’impôt 2026 (revenus 2025). Pour un salarié, il part de 10 % des revenus d’activité 2025, avec un minimum de 4 710 € et un maximum de 37 680 €, diminués de l’épargne retraite versée dans le cadre de l’entreprise (service-public.gouv.fr) ; s’y ajoutent les plafonds non utilisés de 2023, 2024 et 2025 (BOI-IR-BASE-20-50-30, § 80). Le calcul complet, les cas des indépendants et des couples sont détaillés dans notre guide du plafond de déduction PER, et le simulateur du plafond PER le refait avec vos chiffres.

Trois points comptent particulièrement en fin d’année :

  • Tout ce qui a déjà été versé en 2026 compte, versements programmés compris. Le reste disponible est le plafond total moins les versements déjà faits dans l’année.
  • Les frais de versement ne réduisent pas la déduction : prélevés sur le versement, ils suivent son régime fiscal (BOI-IR-BASE-20-50-10, § 40). C’est le montant versé, frais compris, qui se déduit.
  • Au-delà du plafond, rien n’est rattrapé : la part d’un versement qui dépasse le plafond total n’est ni déductible ni reportable sur une autre année (voir le guide du plafond). Le versement reste possible ; il n’apporte simplement pas de baisse d’impôt.

Exemple : 3 000 € versés le 30 décembre ou enregistrés le 4 janvier

Exemple fictif. Hypothèses : salarié célibataire ; plafond 2026 indiqué sur l’avis d’impôt de 6 000 €, sans reliquat d’années antérieures ; versements programmés de 250 € par mois, soit 3 000 € enregistrés en 2026 et 3 000 € en 2027 ; revenus d’activité 2026 de 60 000 € après frais professionnels, d’où une limite 2027 de 6 000 € ; aucune épargne retraite versée par l’employeur ; taux marginal d’imposition (le taux de la dernière tranche atteinte) de 30 % en 2026 et en 2027, les sommes déduites restant entièrement dans cette tranche. Les montants d’impôt sont des ordres de grandeur.

Il envisage un versement complémentaire de 3 000 € fin décembre 2026.

Cas A : le gestionnaire enregistre le versement le 30 décembre 2026. Il figure sur l’attestation 2026.

  1. Versements 2026 : 3 000 + 3 000 = 6 000 €, égal au plafond : 6 000 € déduits des revenus 2026.
  2. Baisse d’impôt sur les revenus 2026, calculée en 2027 : 6 000 × 30 % = environ 1 800 €.
  3. En 2027, seuls les 3 000 € programmés sont versés : 3 000 € déduits (environ 900 € d’impôt en moins), et 3 000 € de limite 2027 restent inutilisés, reportables jusqu’en 2032.

Cas B : le versement n’est enregistré que le lundi 4 janvier 2027. Hypothèse retenue : il figure sur l’attestation 2027 et il est déclaré pour 2027.

  1. Versements 2026 : 3 000 € seulement, 3 000 € déduits des revenus 2026 : environ 900 € d’impôt en moins.
  2. Les 3 000 € de limite 2026 non utilisés deviennent un reliquat, utilisable de 2027 à 2031 (BOI-IR-BASE-20-50-30, § 80).
  3. En 2027 : 3 000 € (janvier) + 3 000 € (programmés) = 6 000 €. Ils s’imputent d’abord sur la limite 2027 de 6 000 € (§ 50) : 6 000 € déduits des revenus 2027, environ 1 800 € d’impôt en moins, et le reliquat 2026 de 3 000 € reste intact.
Sur les deux années Cas A Cas B
Déduit des revenus 2026 6 000 € 3 000 €
Déduit des revenus 2027 3 000 € 6 000 €
Total déduit 9 000 € 9 000 €
Plafond inutilisé restant 3 000 € (de 2027, jusqu’en 2032) 3 000 € (de 2026, jusqu’en 2031)

Avec ces hypothèses, le retard ne fait rien perdre au total : environ 900 € de baisse d’impôt arrivent un an plus tard, et le plafond restant expire un an plus tôt.

Variante : quand une partie du plafond vient de 2023. Supposons que les 6 000 € de plafond 2026 se composent de 4 000 € de limite 2026 et de 2 000 € de reliquat 2023, le reste des hypothèses étant inchangé.

  • Cas A : 6 000 € versés en 2026, imputés sur la limite 2026 (4 000 €) puis sur le reliquat 2023 (2 000 €) : tout est déduit.
  • Cas B : 3 000 € versés en 2026, imputés sur la limite 2026 ; il reste 1 000 € de limite 2026, reportables jusqu’en 2031. Le reliquat 2023 de 2 000 € n’a pas servi : il expire fin 2026, car un plafond antérieur à 2026 ne se reporte que trois ans (BOI-IR-BASE-20-50-30, § 40 et 80).

Le résultat dépend donc de la composition du plafond, des revenus et des versements des années suivantes, et du taux d’imposition de chaque année.

Déduire ou non : un choix à faire au moment du versement

Un versement volontaire sur un PER est déductible par principe. L’épargnant peut renoncer à la déduction, versement par versement ; cette option « est exercée au plus tard lors du versement auprès du gestionnaire du plan et elle est irrévocable » (BOI-IR-BASE-20-50-10, § 120 ; service-public.gouv.fr). Elle ne se rattrape donc pas au moment de remplir la déclaration de revenus, au printemps 2027.

Ce choix a une contrepartie à la sortie. En cas de sortie en capital, la part du capital qui correspond aux versements déduits est imposée au barème de l’impôt sur le revenu, sans l’abattement de 10 % ; celle qui correspond aux versements non déduits ne l’est pas, les gains étant imposés dans les deux cas (service-public.gouv.fr). La déduction est donc souvent un report d’impôt plus qu’une économie définitive : son intérêt dépend de l’écart entre le taux d’imposition l’année du versement et celui de l’année de sortie. Le tableau complet des sorties figure dans notre guide sur les versements PER après 70 ans.

Les cas particuliers

  • 70 ans fin décembre : depuis le 1er janvier 2026, un versement fait à partir du jour du 70e anniversaire n’est plus déductible (BOI-IR-BASE-20-50-10, § 115, qui vise l’âge « à la date de ces versements »). Pour une personne qui a 70 ans fin décembre 2026 ou début janvier 2027, la date du versement décide alors de la déduction elle-même, et pas seulement de l’année. Détails dans le guide des versements PER après 70 ans.
  • Couple marié ou pacsé : chacun a son plafond, mais le couple peut demander, à la déclaration, à additionner les plafonds (guide du plafond, mutualisation). La date limite de versement reste la même.
  • Indépendants qui déduisent de leur bénéfice (art. 154 bis du CGI) : le gestionnaire déclare les versements de l’année civile « ou » ceux du « dernier exercice clos » (BOI-IR-BASE-20-50-30, § 110). Un exercice comptable qui ne se termine pas le 31 décembre n’obéit donc pas forcément au même calendrier ; ce cas n’est pas détaillé ici.
  • Moins de 18 ans : depuis le 1er janvier 2024, un PER dont le titulaire est mineur ne peut plus recevoir de versements volontaires (service-public.gouv.fr).

Avant de verser

L’argent placé sur un PER est en principe bloqué jusqu’à la retraite, sauf cas de déblocage anticipé prévus par la loi (« accident de la vie », achat de la résidence principale) (service-public.gouv.fr). Sur un fonds en euros, le capital investi est garanti ; sur des unités de compte, dont la valeur « évolue à la hausse ou à la baisse », il ne l’est pas, et l’épargne peut perdre de la valeur (même source). Une baisse d’impôt ne compense pas une perte en capital, et elle ne dit rien de l’adéquation du placement à une situation personnelle.

Lexique
  • PER : plan d’épargne retraite (code monétaire et financier, art. L. 224-1), individuel ou d’entreprise.
  • Gestionnaire : l’assureur, la banque ou la société de gestion qui tient le plan et enregistre les versements.
  • Plafond (ou limite) de déduction : montant maximal des versements d’une année qui peut être retiré du revenu imposable.
  • Reliquat : part d’un plafond annuel non utilisée, reportable sur les années suivantes (trois ans pour les plafonds de 2023 à 2025, cinq ans à partir de ceux de 2026).
  • Jour ouvrable : pour les paiements, jour où la banque concernée traite les opérations.

Règles en vigueur au 30 octobre 2026, applicables aux versements de 2026. Sources consultées le 30 octobre 2026, sauf mention contraire.

Sources

  1. CGI, art. 163 quatervicies (version en vigueur depuis le 21/02/2026) legifrance.gouv.fr, consulté le 30 octobre 2026
  2. BOFiP, BOI-IR-BASE-20-10 (conditions générales de déductibilité des charges du revenu global, version du 01/07/2013), § 10 et 50 bofip.impots.gouv.fr, consulté le 30 octobre 2026
  3. BOFiP, BOI-IR-BASE-20-50-10 (cotisations d’épargne retraite déductibles, version du 10/08/2026), § 40, 115 et 120 bofip.impots.gouv.fr, consulté le 30 octobre 2026
  4. BOFiP, BOI-IR-BASE-20-50-30 (report des limites et obligations déclaratives, version du 10/08/2026), § 50, 80, 110 à 150 bofip.impots.gouv.fr, consulté le 30 octobre 2026
  5. BOFiP, BOI-BNC-BASE-40-10 (dépenses déductibles des bénéfices non commerciaux, version du 22/07/2026), § 260 bofip.impots.gouv.fr, consulté le 30 octobre 2026
  6. Code monétaire et financier, art. L. 133-9 (moment de réception d’un ordre de paiement, version en vigueur depuis le 01/11/2009) legifrance.gouv.fr, consulté le 1er novembre 2026
  7. Code monétaire et financier, art. L. 133-13 (délai d’exécution des opérations de paiement, version en vigueur depuis le 13/01/2018) legifrance.gouv.fr, consulté le 30 octobre 2026
  8. Service-public.gouv.fr, fiche F34982 « Plan d’épargne retraite (PER) » (vérifiée le 12/10/2026) service-public.gouv.fr, consulté le 30 octobre 2026
  9. Service-public.gouv.fr, fiche F2405 « Jours fériés » service-public.gouv.fr, consulté le 27 octobre 2026
  10. Loi n° 2026-103 du 19 février 2026 de finances pour 2026, art. 9 (versements à partir de 70 ans) legifrance.gouv.fr, consulté le 27 octobre 2026

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