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Retraite Guide

Combien coûte un rachat de trimestres en 2026 ? Barème et règles

En 2026, un trimestre racheté au régime général coûte de 1 055 € à plus de 6 000 € selon l’âge, les revenus et l’option ; dès 385 € pour des études jusqu’à 40 ans. La somme est déductible, l’option irrévocable.

En bref
Ce que l’on rachète : des années d’études supérieures ayant abouti à un diplôme et des années civiles où l’on a validé moins de quatre trimestres, pour douze trimestres au plus au régime général (code de la sécurité sociale, art. L351-14-1). Il faut avoir entre 20 et 66 ans et ne pas avoir pris sa retraite de base.
Deux options, au choix et sans retour : le rachat « au titre du taux seul » réduit la décote ; le rachat « au titre du taux et de la durée d’assurance » réduit la décote et augmente aussi la durée prise en compte dans le calcul de la pension (art. D351-7).
Prix d’un trimestre en 2026 : de 1 055 € (20 ans, revenus jusqu’à 36 045 €, taux seul) à 6 684 € (62 ans, revenus au-delà de 48 060 €, taux et durée) pour les tranches à prix fixe, hors tarif réduit des études ; entre ces deux seuils de revenus, le barème publié exprime le prix en pourcentage du revenu, et seule l’évaluation de la caisse donne le montant. Le barème de 2013 n’a jamais été remplacé : seuls les seuils suivent le plafond de la sécurité sociale (circulaire Cnav n° 2026-04).
Études : tarif réduit jusqu’à la fin de l’année de ses 40 ans, prix diminué de 670 € ou 1 000 € par trimestre selon l’option, sur quatre trimestres au plus, soit dès 385 € le trimestre (art. D351-14-1).
Fiscalité : le versement se déduit du revenu imposable de l’année où il est payé, sans plafond propre (code général des impôts, art. 83 et 154 bis).
Carrière longue : pour une demande faite aujourd’hui, les versements pour la retraite présentés dans ce guide ne comptent pas pour un départ anticipé pour carrière longue (études, années incomplètes, assistant maternel, sportif de haut niveau, mandat local), à l’exception du versement réservé à l’apprentissage, quatre trimestres au plus (circulaire Cnav n° 2026-29).

Le rachat de trimestres, appelé dans les textes versement pour la retraite (VPLR), consiste à payer volontairement des cotisations à l’Assurance retraite, le régime de base des salariés du privé et des indépendants, pour que des périodes non cotisées comptent dans le calcul de la pension. Son prix est fixé pour garantir la « neutralité actuarielle » (art. L351-14-1) : en moyenne, le régime récupère ce qu’il versera en plus. Les règles décrites ici sont celles du régime général en 2026.

Les périodes que l’on peut racheter

Période Condition principale Texte
Années d’études supérieures Études en université, école supérieure, grande école ou classe préparatoire, ayant donné lieu à un diplôme (l’admission en grande école ou en classe préparatoire vaut diplôme) ; diplôme équivalent obtenu dans un autre État de l’Union européenne accepté CSS, art. L351-14-1, I, 1°
Années incomplètes Années civiles d’affiliation au régime général où l’on a validé moins de quatre trimestres L351-14-1, I, 2°
Sportif de haut niveau Périodes d’inscription sur la liste ministérielle non prises en compte par un autre régime L351-14-1, I, 3°
Mandat local Périodes de membre de l’assemblée d’une collectivité territoriale ou de délégué dans une intercommunalité L351-14-1, I, 4°
Apprentissage Contrats conclus entre le 1er juillet 1972 et le 31 décembre 2013, quatre trimestres au plus à un tarif réduit, option taux et durée seulement L351-14-1, IV et D351-14-3
Assistant maternel Années 1975 à 1990, à un tarif réduit L351-14-1, III et D351-14-2

Pour les études, deux conditions s’ajoutent. Le régime général (ou l’ancien régime des indépendants) doit être le premier régime auquel on a été affilié après les études, avec au moins un trimestre validé après le diplôme (art. D351-4). Et un trimestre d’études correspond à 90 jours successifs de scolarité (art. D351-5). Service-public.gouv.fr précise que des études faites en Suisse, dans l’Espace économique européen ou dans un pays lié à la France par une convention de sécurité sociale peuvent aussi être rachetées (fiche F15675).

Les années incomplètes se repèrent sur son relevé de carrière (compte retraite d’info-retraite.fr). Une année où l’on a validé un trimestre grâce à un job d’été ne peut être complétée que de trois trimestres : un même rachat ne peut pas porter une année à plus de quatre trimestres (art. D351-6).

Les stages en entreprise pendant les études supérieures relèvent d’un dispositif voisin (art. L351-17) : stages gratifiés commencés depuis le 15 mars 2015, deux trimestres au plus, 481 € par trimestre, demande dans les deux ans suivant la fin du stage, ces trimestres ne comptant que pour le taux (fiche F15675).

Qui peut racheter et combien de trimestres

La demande est ouverte aux personnes qui ont au moins 20 ans et moins de 67 ans à la date de la demande, dont la retraite du régime général n’a pas été liquidée (c’est-à-dire pas encore attribuée) et qui n’ont pas déjà obtenu douze trimestres par ce moyen (art. D351-3). La demande porte sur un nombre entier de trimestres (art. D351-5).

La limite de douze trimestres est globale : elle vaut pour l’ensemble des motifs (études, années incomplètes, sport de haut niveau, mandat local), en une ou plusieurs demandes. Le formulaire de l’Assurance retraite précise qu’une demande reste possible pendant une retraite progressive.

Les deux options : taux seul, ou taux et durée

La pension de base du régime général se calcule ainsi (fiche F15675) :

Le taux plein est de 50 %. Il est réduit d’une décote quand on part sans avoir ni la durée d’assurance requise pour sa génération ni l’âge d’annulation de la décote (67 ans, 65 ans pour certaines catégories d’assurés visées à l’article R351-27) : le coefficient de minoration est de 1,25 % du taux plein par trimestre manquant, soit 0,625 point (CSS, art. R351-27). Le nombre de trimestres manquants retenu est le plus petit des deux : trimestres manquants pour la durée requise, ou trimestres restant jusqu’à l’âge d’annulation de la décote. Le dernier facteur, la proratisation, réduit la pension quand la durée au régime général est inférieure à la durée requise (art. L351-1).

Le rachat agit sur l’un ou les deux de ces facteurs, selon l’option choisie dans la demande (art. D351-7) :

Option Effet sur la décote Effet sur la proratisation Prix
1. Au titre du taux seul Les trimestres rachetés réduisent la décote Aucun : la durée d’assurance prise en compte ne change pas Plus bas
2. Au titre du taux et de la durée d’assurance Les trimestres rachetés réduisent la décote Ils s’ajoutent à la durée d’assurance du calcul Plus élevé

Le choix est irrévocable (art. D351-7). L’option 1 n’a d’effet que si l’on part avec une décote : un assuré qui atteint déjà la durée requise tous régimes, ou qui part à l’âge d’annulation de la décote, a le taux plein sans rachat. L’option 2 agit aussi quand la durée au régime général reste inférieure à la durée requise, même si la durée tous régimes est atteinte : elle réduit alors la proratisation.

Carrière longue : pour ouvrir le droit à un départ anticipé pour carrière longue, les versements pour la retraite demandés depuis le 13 octobre 2008, donc toute demande faite aujourd’hui, ne comptent pas, qu’ils portent sur des études supérieures (y compris au tarif réduit de la formation initiale), des années incomplètes, des périodes d’assistant maternel, de sportif de haut niveau ou de mandat local (circulaire Cnav n° 2026-29 du 4 septembre 2026, § 1.4.1 et 1.4.2). Seule exception : les trimestres rachetés par le versement réservé à l’apprentissage (contrats conclus entre le 1er juillet 1972 et le 31 décembre 2013, quatre trimestres au plus, option taux et durée seulement, art. L351-14-1, IV, et D351-14-3) sont pris en compte pour la condition de début d’activité et pour la durée cotisée (même circulaire, § 1.4.3). Des années d’apprentissage rachetées en dehors de ce dispositif, comme années incomplètes au prix normal, ne relèvent pas de cette exception, qui ne vise que le versement du IV de l’article L351-14-1 : l’annexe 1 de la circulaire range ces versements avec les années incomplètes, non retenues pour les demandes faites depuis le 13 octobre 2008. Seule la caisse peut confirmer, avant le paiement, la prise en compte d’un versement pour une carrière longue. Certains versements d’études supérieures ou d’années incomplètes demandés avant le 13 octobre 2008 peuvent compter (§ 1.4.1).

Le barème 2026 : prix d’un trimestre

Le prix dépend de l’âge atteint à la date de la demande (art. D351-10 ; l’annexe de la circulaire intitule cette colonne « âge en 2026 »), de l’option et de la moyenne des revenus d’activité des trois dernières années (art. D351-8 et D351-10). Il est publié par la circulaire Cnav n° 2026-04 du 5 février 2026, applicable aux demandes déposées en 2026.

Le barème de 2013 s’applique toujours. Le code de la sécurité sociale (art. D351-8) prévoit un arrêté chaque année ; à défaut, le barème de l’année précédente reste en vigueur. Le dernier arrêté est celui du 21 octobre 2012, pour 2013. Depuis, seuls les seuils de revenus évoluent avec le plafond annuel de la sécurité sociale (PASS), fixé à 48 060 € en 2026 (arrêté du 22 décembre 2025 : 4 005 € par mois) :

  • tranche 1 : revenus moyens jusqu’à 75 % du PASS, soit 36 045 € en 2026 : prix fixe en euros ;
  • tranche 2 : plus de 36 045 € et jusqu’à 48 060 € : le barème publié donne un pourcentage du revenu annuel moyen (voir la note sous les tableaux) ;
  • tranche 3 : plus de 48 060 € : prix fixe en euros.

Les revenus pris en compte sont les salaires et revenus d’activité indépendante soumis à cotisations, sans limite de plafond, revalorisés. Pour une demande déposée entre le 1er juillet d’une année et le 30 juin de l’année suivante, on retient les trois années civiles qui précèdent celle où débute cette période : 2023, 2024 et 2025 pour une demande déposée entre juillet 2026 et juin 2027 (art. D351-8, 4°). Sans aucun revenu sur ces trois années, c’est la tranche 1 qui s’applique.

Le barème tient en deux tableaux, un par option. Colonnes : revenu annuel moyen des trois dernières années. Source : circulaire Cnav n° 2026-04, annexe ; demandes déposées en 2026, régime général et indépendants (artisans, commerçants).

Option 1, au titre du taux seul : prix d’un trimestre en 2026

Âge Jusqu’à 36 045 € De 36 045 € à 48 060 € Plus de 48 060 €
20 ans 1 055 € 3,80 % 1 407 €
21 ans 1 076 € 3,87 % 1 434 €
22 ans 1 097 € 3,95 % 1 462 €
23 ans 1 118 € 4,03 % 1 491 €
24 ans 1 168 € 4,20 % 1 557 €
25 ans 1 219 € 4,39 % 1 625 €
26 ans 1 271 € 4,58 % 1 694 €
27 ans 1 324 € 4,77 % 1 765 €
28 ans 1 377 € 4,96 % 1 836 €
29 ans 1 432 € 5,16 % 1 909 €
30 ans 1 487 € 5,35 % 1 983 €
31 ans 1 543 € 5,55 % 2 057 €
32 ans 1 599 € 5,76 % 2 132 €
33 ans 1 656 € 5,96 % 2 208 €
34 ans 1 713 € 6,17 % 2 284 €
35 ans 1 771 € 6,38 % 2 361 €
36 ans 1 828 € 6,58 % 2 438 €
37 ans 1 886 € 6,79 % 2 515 €
38 ans 1 945 € 7,00 % 2 593 €
39 ans 2 005 € 7,22 % 2 673 €
40 ans 2 065 € 7,43 % 2 753 €
41 ans 2 126 € 7,65 % 2 834 €
42 ans 2 187 € 7,87 % 2 915 €
43 ans 2 247 € 8,09 % 2 995 €
44 ans 2 306 € 8,30 % 3 075 €
45 ans 2 366 € 8,52 % 3 154 €
46 ans 2 426 € 8,74 % 3 235 €
47 ans 2 488 € 8,96 % 3 317 €
48 ans 2 549 € 9,18 % 3 398 €
49 ans 2 610 € 9,40 % 3 479 €
50 ans 2 672 € 9,62 % 3 563 €
51 ans 2 734 € 9,84 % 3 646 €
52 ans 2 796 € 10,07 % 3 728 €
53 ans 2 857 € 10,29 % 3 810 €
54 ans 2 919 € 10,51 % 3 891 €
55 ans 2 980 € 10,73 % 3 973 €
56 ans 3 041 € 10,95 % 4 055 €
57 ans 3 103 € 11,17 % 4 138 €
58 ans 3 162 € 11,39 % 4 216 €
59 ans 3 220 € 11,59 % 4 294 €
60 ans 3 275 € 11,79 % 4 367 €
61 ans 3 329 € 11,99 % 4 439 €
62 ans 3 383 € 12,18 % 4 510 €
63 ans 3 298 € 11,87 % 4 397 €
64 ans 3 214 € 11,57 % 4 285 €
65 ans 3 129 € 11,27 % 4 172 €
66 ans 3 044 € 10,96 % 4 059 €

Option 2, au titre du taux et de la durée d’assurance : prix d’un trimestre en 2026

Âge Jusqu’à 36 045 € De 36 045 € à 48 060 € Plus de 48 060 €
20 ans 1 564 € 5,63 % 2 085 €
21 ans 1 594 € 5,74 % 2 126 €
22 ans 1 625 € 5,85 % 2 167 €
23 ans 1 657 € 5,96 % 2 209 €
24 ans 1 731 € 6,23 % 2 308 €
25 ans 1 806 € 6,50 % 2 408 €
26 ans 1 883 € 6,78 % 2 511 €
27 ans 1 961 € 7,06 % 2 615 €
28 ans 2 041 € 7,35 % 2 721 €
29 ans 2 122 € 7,64 % 2 829 €
30 ans 2 204 € 7,93 % 2 938 €
31 ans 2 286 € 8,23 % 3 048 €
32 ans 2 370 € 8,53 % 3 160 €
33 ans 2 454 € 8,84 % 3 272 €
34 ans 2 539 € 9,14 % 3 385 €
35 ans 2 624 € 9,45 % 3 499 €
36 ans 2 709 € 9,76 % 3 613 €
37 ans 2 795 € 10,06 % 3 727 €
38 ans 2 882 € 10,38 % 3 843 €
39 ans 2 971 € 10,70 % 3 961 €
40 ans 3 060 € 11,02 % 4 080 €
41 ans 3 150 € 11,34 % 4 201 €
42 ans 3 240 € 11,67 % 4 320 €
43 ans 3 329 € 11,99 % 4 439 €
44 ans 3 418 € 12,30 % 4 557 €
45 ans 3 506 € 12,62 % 4 674 €
46 ans 3 596 € 12,95 % 4 794 €
47 ans 3 687 € 13,27 % 4 915 €
48 ans 3 777 € 13,60 % 5 036 €
49 ans 3 867 € 13,92 % 5 156 €
50 ans 3 960 € 14,26 % 5 279 €
51 ans 4 052 € 14,59 % 5 402 €
52 ans 4 143 € 14,92 % 5 525 €
53 ans 4 234 € 15,25 % 5 646 €
54 ans 4 325 € 15,57 % 5 767 €
55 ans 4 416 € 15,90 % 5 888 €
56 ans 4 507 € 16,23 % 6 009 €
57 ans 4 599 € 16,56 % 6 132 €
58 ans 4 686 € 16,87 % 6 248 €
59 ans 4 772 € 17,18 % 6 363 €
60 ans 4 854 € 17,48 % 6 472 €
61 ans 4 933 € 17,76 % 6 578 €
62 ans 5 013 € 18,05 % 6 684 €
63 ans 4 888 € 17,60 % 6 517 €
64 ans 4 762 € 17,15 % 6 350 €
65 ans 4 637 € 16,70 % 6 183 €
66 ans 4 512 € 16,24 % 6 015 €

Après 62 ans, le prix baisse : c’est celui de 62 ans diminué de 2,5 % par année révolue au-delà de cet âge (art. D351-8). Le pic se situe donc à 62 ans.

Note sur la tranche 2 (revenus de 36 045 € à 48 060 €). Les pourcentages du barème datent de 2013 : à cette date, ils raccordaient exactement le prix de la tranche 1 et celui de la tranche 3. Les seuils ayant suivi le plafond depuis, ce raccord ne tient plus avec les seuils de 2026. Le code de la sécurité sociale, lui, calcule le prix de cette tranche à partir du rapport entre le revenu moyen de l’assuré et le plafond de l’année de la demande (art. D351-8, I, 3°, b, et D351-9). Aucun document de l’Assurance retraite consulté ne précise comment les caisses concilient les deux. Pour un revenu moyen dans cette tranche, seuls le simulateur de l’Assurance retraite et l’évaluation adressée par la caisse donnent le montant applicable.

Le tarif réduit pour les années d’études

Le prix d’un trimestre d’études est diminué d’un abattement forfaitaire si trois conditions sont réunies (art. D351-14-1, en vigueur depuis le 1er septembre 2023) :

  • la période relève de la formation initiale ;
  • la demande est présentée au plus tard le 31 décembre de l’année civile de ses 40 ans ;
  • l’abattement porte sur quatre trimestres au plus, moins les trimestres de stage déjà rachetés au titre de l’article L351-17.
Option Abattement par trimestre
Taux seul 670 €
Taux et durée d’assurance 1 000 €

Les autres trimestres d’études éventuels (jusqu’à douze) se paient au prix normal. Des pages anciennes évoquent un délai de dix ans après la fin des études : ce n’est pas la règle du texte en vigueur, qui retient l’année des 40 ans. Avec l’abattement, le paiement peut être étalé sur un, trois ou cinq ans, quel que soit le nombre de trimestres.

Exemple 1 : quatre trimestres d’études à 32 ans

Exemple fictif, avec des hypothèses choisies pour illustrer le calcul.

Hypothèses : une salariée a 32 ans en 2026. Ses revenus moyens des trois dernières années sont de 30 000 € par an (tranche 1). Elle a fait un master après le baccalauréat et l’Assurance retraite est son premier régime. Elle demande en 2026 le rachat de quatre trimestres d’études de formation initiale. Sa tranche marginale d’imposition est de 11 % et le montant entier y est imposé.

Étape Taux et durée Taux seul
Prix du barème à 32 ans, tranche 1 2 370 € 1 599 €
Abattement « études avant 40 ans » − 1 000 € − 670 €
Prix d’un trimestre 1 370 € 929 €
Pour quatre trimestres 5 480 € 3 716 €
Sans l’abattement (prix du barème à 32 ans) 9 480 € 6 396 €

Avec l’option « taux et durée », la déduction de 5 480 € de son revenu imposable réduit son impôt d’environ 5 480 × 11 % = 603 €. Le coût après impôt est d’environ 4 877 €. Ce que ces trimestres lui rapporteront dépend de sa carrière future, encore inconnue : si elle atteint de toute façon la durée requise avant son départ, ils ne changeront pas sa pension de base.

La déduction du revenu imposable

Les sommes versées sont déductibles du revenu imposable à l’impôt sur le revenu :

  • pour un salarié, de la rémunération brute de l’année du versement (code général des impôts, art. 83, 1°, a ; BOFiP BOI-IR-BASE-20-60-10, § 130 et 150) ;
  • pour une personne sans salaire cette année-là, des pensions de retraite perçues, ou à défaut du revenu global (même BOFiP, § 160, et CGI, art. 156, II, 4°) ;
  • pour un travailleur indépendant, du bénéfice imposable (CGI, art. 154 bis, I).

Le texte ne fixe aucun plafond propre. Cette déduction ne réduit pas non plus le plafond d’épargne retraite qui limite la déduction des versements sur un PER (voir notre guide plafond de déduction PER) : ce plafond n’est diminué que des cotisations énumérées au 2° du a du 2 du I de l’article 163 quatervicies du CGI (notamment celles du 2° de l’article 83 et du 1° du II de l’article 154 bis), parmi lesquelles ne figurent pas les rachats du 1° de l’article 83 et du I de l’article 154 bis.

L’économie d’impôt dépend de la tranche marginale d’imposition. Un versement important peut faire passer une partie du revenu dans une tranche inférieure : l’économie réelle est alors plus faible que « montant × taux marginal ». Payer en plusieurs années répartit la déduction sur ces années. En contrepartie, la pension supplémentaire sera elle-même imposable.

Exemple 2 : ce que rapporte un rachat, et en combien d’années

Le rachat relève d’un calcul : son coût d’un côté, le supplément de pension de l’autre. Le résultat dépend d’hypothèses personnelles (date de départ, durée de vie, fiscalité), que seul l’assuré peut poser. L’exemple suivant montre la méthode.

Exemple fictif, avec des hypothèses choisies pour illustrer le calcul. Retraite de base seulement, montants bruts annuels, hors revalorisation.

Hypothèses : un salarié a 58 ans en 2026 et des revenus moyens de 60 000 € par an (tranche 3). On suppose, pour le calcul, une durée requise de 170 trimestres. Il prévoit de partir à 64 ans avec 166 trimestres, soit 4 trimestres manquants (moins que les 12 trimestres qui le séparent de 67 ans : la décote porte donc sur 4 trimestres). Son salaire annuel moyen retenu pour la retraite est de 40 000 €. Sa tranche marginale d’imposition est de 30 %.

  1. Pension sans rachat : taux = 50 % − 4 × 0,625 = 47,5 % ; pension = 40 000 × 47,5 % × 166/170 = 18 553 € par an.
  2. Option taux seul, 4 trimestres à 4 216 € : coût 16 864 €. Pension = 40 000 × 50 % × 166/170 = 19 529 €, soit + 976 € par an (81 € par mois).
  3. Option taux et durée, 4 trimestres à 6 248 € : coût 24 992 €. Pension = 40 000 × 50 % × 170/170 = 20 000 €, soit + 1 447 € par an (121 € par mois).
  4. Durée de récupération, avant impôt : 16 864 ÷ 976 ≈ 17,3 ans pour l’option 1 ; 24 992 ÷ 1 447 ≈ 17,3 ans pour l’option 2. Dans cet exemple, les deux options s’équilibrent au même rythme, ce qui correspond au principe de neutralité actuarielle.
  5. Avec la déduction (30 %, en supposant le montant entier imposé à ce taux) : coût net de 11 805 € et 17 494 €, soit environ 12,1 ans dans les deux cas, avant l’impôt et les prélèvements sociaux sur la pension supplémentaire, qui allongent la durée.

Ce calcul ne tient pas compte de la revalorisation des pensions, des prélèvements sur la pension, de la réversion au conjoint, ni de la retraite complémentaire. À l’Agirc-Arrco, la complémentaire est servie sans coefficient de minoration quand la retraite de base est obtenue au taux plein à l’âge légal ou après ; sinon, un coefficient de minoration s’applique à vie (agirc-arrco.fr). Le rachat de trimestres au régime de base peut donc aussi jouer sur la complémentaire, selon la situation, ce que seules les caisses peuvent chiffrer. Le simulateur de l’Assurance retraite (« Simuler le coût d’un rachat de trimestres », espace personnel sur lassuranceretraite.fr) et l’estimation du compte retraite sur info-retraite.fr donnent des montants personnalisés.

La procédure, étape par étape

  1. Demande d’évaluation, sans engagement, par le formulaire correspondant au motif (études, années incomplètes, apprentissage, stage), téléchargé sur lassuranceretraite.fr ou envoyé depuis son espace personnel (service « Transmettre mon formulaire »). Le dossier comprend une pièce d’identité, le diplôme ou le justificatif d’admission pour les études, et les revenus des dernières années (formulaire S5127e).
  2. Réponse de la caisse. Elle indique les trimestres rachetables, le prix par trimestre selon chaque option, le total et l’échéancier possible (art. D351-13). Sans réponse dans les deux mois suivant la réception d’une demande recevable, la demande est réputée rejetée. Un refus mentionne son motif et les voies de recours (fiche F15675).
  3. Confirmation. On renvoie le formulaire « Confirmation d’une demande de versement » en indiquant le nombre de trimestres retenus (tout ou partie de ceux autorisés), l’option et le mode de paiement (fiche F15675).
  4. Paiement. Le versement, ou la première échéance, doit être payé au plus tard le dernier jour du deuxième mois suivant l’envoi de la décision d’admission (art. D351-11).

Payer en plusieurs fois est possible par prélèvements mensuels (art. D351-11) :

Nombre de trimestres rachetés Étalement possible
1 aucun (paiement en une fois), sauf avec l’abattement « études »
2 à 8 1 an ou 3 ans
9 à 12 1, 3 ou 5 ans
Avec l’abattement « études » (D351-14-1) 1, 3 ou 5 ans, quel que soit le nombre

Au-delà de douze mois, les échéances sont majorées chaque année de l’inflation prévue, hors tabac, par la loi de finances (art. D351-12). La caisse en informe l’assuré au plus tard le 1er décembre de l’année précédente (art. D351-13).

Rétractation et arrêt des paiements. Les articles D351-3 à D351-14-3 ne prévoient pas de délai de rétractation après la confirmation. La liberté de décision se situe avant : l’évaluation n’engage à rien, et l’on peut ne confirmer qu’une partie des trimestres. L’option choisie est ensuite irrévocable (art. D351-7). Le versement prend fin en cas de non-paiement, de deux échéances impayées, de demande de retraite ou de décès (art. D351-14). Dans ce cas, la caisse retient le nombre entier de trimestres couverts par les sommes déjà payées et rembourse le surplus dans le mois qui suit celui où l’assuré a été informé de l’arrêt ; une nouvelle demande n’est possible que douze mois après la notification de l’arrêt. Les trimestres ne comptent qu’une fois le versement intégralement payé, ou à la date de son arrêt.

À anticiper avant le départ : une demande de retraite met fin au versement (art. D351-14) et un rachat n’est plus possible une fois la pension liquidée (art. D351-3). Le paiement doit donc être terminé avant la date de départ visée.

Les remboursements de 2023 sont clos. La réforme du 14 avril 2023 permettait aux assurés nés depuis le 1er septembre 1961 de se faire rembourser des rachats faits avant sa publication. Les demandes devaient être présentées dans les deux ans suivant la promulgation de la loi (loi n° 2023-270, art. 10, XXV), soit jusqu’en avril 2025.

Dans les autres régimes

  • Travailleurs indépendants (artisans, commerçants) : ils sont gérés par l’Assurance retraite et le même barème s’applique (circulaire Cnav n° 2026-04).
  • Fonctionnaires : le rachat des années d’études relève du code des pensions civiles et militaires (art. L9 bis). Il existe trois options (durée d’assurance, trimestres liquidables, ou les deux) et le prix dépend du traitement indiciaire. Les contractuels rachètent auprès de l’Assurance retraite (fiche F1049). Ce régime n’est pas détaillé ici.
  • Professions libérales et exploitants agricoles : leurs caisses ont leurs propres dispositifs de rachat (le CGI vise notamment l’article L643-2 du code de la sécurité sociale pour les libéraux). Ils ne sont pas détaillés ici.
  • Retraite complémentaire Agirc-Arrco : un rachat de points au titre des mêmes années d’études ou années incomplètes est possible auprès de l’Agirc-Arrco, séparément du rachat de trimestres (fiche F15675).

Voir aussi notre guide sur la retraite progressive.

Lexique
  • Versement pour la retraite (VPLR) : nom légal du rachat de trimestres au régime général (art. L351-14-1).
  • Trimestre : unité de durée d’assurance ; quatre trimestres au plus par année civile.
  • Durée d’assurance requise : nombre de trimestres nécessaire, selon l’année de naissance, pour le taux plein avant 67 ans.
  • Taux plein : taux maximal de 50 % appliqué au salaire annuel moyen.
  • Décote : minoration du taux de 0,625 point par trimestre manquant.
  • Proratisation : réduction de la pension selon le rapport entre la durée au régime général et la durée requise.
  • PASS : plafond annuel de la sécurité sociale, 48 060 € en 2026.
  • Liquidation : attribution de la pension de retraite, à la demande de l’assuré.
  • Tranche marginale d’imposition : taux de l’impôt sur le revenu applicable au dernier euro de revenu.
  • Carsat : caisse régionale de l’Assurance retraite.

Contenu informatif, qui ne constitue pas un conseil personnalisé et ne remplace pas l’évaluation de votre caisse de retraite. La rédaction.

Sources

  1. Code de la sécurité sociale, art. L351-14-1 (périodes rachetables, limite de douze trimestres, neutralité actuarielle), version en vigueur au 29/10/2026, en vigueur depuis le 01/09/2023 legifrance.gouv.fr, consulté le 29 octobre 2026
  2. Code de la sécurité sociale, art. D351-3 à D351-14-3 (conditions, options, calcul du prix aux art. D351-8 et D351-9, abattement, échelonnement, apprentissage), version en vigueur au 29/10/2026 legifrance.gouv.fr, consulté le 29 octobre 2026
  3. Code de la sécurité sociale, art. R351-27 (coefficient de minoration de 1,25 % par trimestre), version en vigueur au 29/10/2026 legifrance.gouv.fr, consulté le 29 octobre 2026
  4. Code de la sécurité sociale, art. L351-1 (taux plein et proratisation), version en vigueur au 29/10/2026 legifrance.gouv.fr, consulté le 29 octobre 2026
  5. Arrêté du 21 octobre 2012 fixant pour l’année 2013 le barème des versements prévus à l’article L. 351-14-1 du code de la sécurité sociale (JORF du 28/12/2012) legifrance.gouv.fr, consulté le 29 octobre 2026
  6. Circulaire Cnav n° 2026-04 du 5 février 2026, « Versement pour la retraite et rachats de cotisations alignés. Coût du versement au 1er janvier 2026 » legislation.lassuranceretraite.fr, consulté le 29 octobre 2026
  7. Code général des impôts, art. 83, 1°, a (déduction des rachats des salaires), version en vigueur au 29/10/2026 legifrance.gouv.fr, consulté le 29 octobre 2026
  8. Code général des impôts, art. 154 bis, I (déduction des rachats du bénéfice des indépendants), version en vigueur au 29/10/2026 legifrance.gouv.fr, consulté le 29 octobre 2026
  9. BOFiP, BOI-IR-BASE-20-60-10-20160907, § 130 à 160 (année de déduction, contribuable sans salaire) bofip.impots.gouv.fr, consulté le 29 octobre 2026
  10. Loi n° 2023-270 du 14 avril 2023 de financement rectificative de la sécurité sociale pour 2023, art. 10, XXV (remboursement des rachats antérieurs) legifrance.gouv.fr, consulté le 29 octobre 2026
  11. Service-public.gouv.fr, fiche F15675 « Retraite du salarié dans le secteur privé : rachat de trimestres » (vérifiée le 1er janvier 2026) service-public.gouv.fr, consulté le 29 octobre 2026
  12. Service-public.gouv.fr, fiche F1049 « Rachat des années d’études pour la retraite de la fonction publique » (vérifiée le 6 janvier 2026) service-public.gouv.fr, consulté le 29 octobre 2026
  13. L’Assurance retraite, formulaire S5127e (11/2025), demande d’évaluation de rachat au titre des années d’études supérieures (notice) carsat-hdf.fr, consulté le 29 octobre 2026
  14. Circulaire Cnav n° 2026-29 du 4 septembre 2026, « Retraite anticipée pour carrière longue à compter du 1er septembre 2026 », § 1.3 et 1.4 (rachats et versements pour la retraite) legislation.lassuranceretraite.fr, consulté le 29 octobre 2026
  15. Agirc-Arrco, « Ma retraite : à quel âge, pour quel montant ? » agirc-arrco.fr, consulté le 29 octobre 2026

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