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Retraite Guide

Carrière longue 2026 : à quel âge partir, avec combien de trimestres

Avoir débuté avant 16, 18, 20 ou 21 ans permet de partir avant l’âge légal, si l’on a cotisé la durée du taux plein. Depuis septembre 2026, la suspension de la réforme avance ce départ pour certaines générations.

En bref
Deux conditions : avoir commencé à travailler avant 16, 18, 20 ou 21 ans, ce qui se prouve par 5 trimestres acquis avant la fin de l’année de cet anniversaire (4 si l’on est né d’octobre à décembre), et avoir cotisé la durée du taux plein de sa génération, de 170 à 172 trimestres (code de la sécurité sociale, art. D351-1-1 et D351-1-3).
Âges de départ pour les retraites prenant effet depuis le 1er septembre 2026 : 58 ans (début avant 16 ans), 60 ans (avant 18 ans), de 60 ans et 3 mois à 62 ans selon l’année de naissance (avant 20 ans), 63 ans (avant 21 ans).
Ce qu’a changé la loi de financement de la sécurité sociale pour 2026 : la réforme de 2023 est décalée d’une génération. Pour un début avant 20 ans, les personnes nées de 1966 à 1970 partent trois mois plus tôt qu’avant ; les natifs de 1964 et de 1965 doivent cotiser un ou deux trimestres de moins.
Trimestres non cotisés pris en compte, avec des plafonds : 4 au plus pour le service national, le chômage indemnisé, la maladie indemnisée et l’assurance vieillesse des parents au foyer ; 2 pour l’invalidité ; tous les trimestres de congé maternité ; et, depuis le 1er septembre 2026, 2 trimestres de majoration pour enfants.
La retraite de base est versée à taux plein, sans décote, et la complémentaire Agirc-Arrco suit sans minoration. Le droit se vérifie avant de cesser son activité, avec le service « Obtenir mon âge de départ à la retraite » sur lassuranceretraite.fr.

La retraite anticipée pour carrière longue permet à ceux qui ont commencé à travailler tôt de partir avant l’âge légal, sans attendre la règle commune. Elle est prévue par l’article L351-1-1 du code de la sécurité sociale, qui renvoie à des décrets pour les âges et la durée exigée. Ces décrets ont été revus deux fois en 2026 : le 7 mai, pour tirer les conséquences de la suspension de la réforme des retraites, et le 29 juillet, pour les trimestres liés aux enfants. Les règles décrites ici sont celles des retraites qui prennent effet à partir du 1er septembre 2026, donc de toute demande déposée à l’automne 2026.

Condition n° 1 : avoir commencé avant 16, 18, 20 ou 21 ans

Avoir commencé « avant 20 ans » ne se juge pas à la date du premier emploi, mais au nombre de trimestres acquis tôt. Le texte exige une durée d’assurance minimale en début de carrière (art. D351-1-3) :

  • au moins 5 trimestres à la fin de l’année civile au cours de laquelle on a eu 16, 18, 20 ou 21 ans ;
  • 4 trimestres suffisent si l’on est né au cours du quatrième trimestre (du 1er octobre au 31 décembre).

L’Assurance retraite ajoute que 4 trimestres suffisent aussi quand la carrière a commencé au régime des non-salariés agricoles. Pour cette condition de début de carrière, on compte les trimestres cotisés et les trimestres assimilés validés dans les régimes de base, par exemple le service militaire (circulaire Cnav n° 2026-29, point 1.1.4).

Illustration : une personne née en mars 1967, qui a pris son premier emploi en juin 1985, à 18 ans, a validé 3 trimestres en 1985, l’année de ses 18 ans. Elle ne remplit pas la condition « avant 18 ans » (il en faut 5 à la fin de 1985). Avec 4 trimestres en 1986 et 4 en 1987, elle en totalise 11 à la fin de 1987, l’année de ses 20 ans : elle relève du cas « début avant 20 ans ».

Condition n° 2 : la durée cotisée de sa génération

Il faut ensuite justifier d’une durée d’assurance cotisée, tous régimes de base confondus, au moins égale à la durée requise pour le taux plein de sa génération (art. D351-1-1). Ce n’est pas la durée d’assurance habituelle : seuls comptent les trimestres qui ont donné lieu à des cotisations à la charge de l’assuré, plus une liste limitée de trimestres « réputés cotisés » (voir plus bas). La circulaire de la Caisse nationale d’assurance vieillesse (Cnav) le résume : « Quel que soit l’âge de départ anticipé, la durée d’assurance cotisée exigée correspond à celle requise pour obtenir le taux plein ».

Depuis la loi de financement de la sécurité sociale (LFSS) pour 2026, cette durée est fixée ainsi (art. L161-17-3, pour les pensions prenant effet à compter du 1er septembre 2026) :

Date de naissance Durée cotisée exigée
1er septembre 1961 au 31 décembre 1962 169 trimestres
1er janvier 1963 au 31 mars 1965 170 trimestres
1er avril au 31 décembre 1965 171 trimestres
À partir du 1er janvier 1966 172 trimestres

Une fois les conditions remplies pour un âge donné, elles restent acquises les années suivantes (circulaire Cnav n° 2026-29, point 1).

À quel âge partir selon son année de naissance

Pour les personnes nées à partir de 1971, la règle est simple (art. D351-1-1, I) :

Début d’activité Départ possible dès
avant 16 ans 58 ans
avant 18 ans 60 ans
avant 20 ans 62 ans
avant 21 ans 63 ans

Pour les personnes nées entre le 1er septembre 1961 et le 31 décembre 1970, seul l’âge du cas « avant 20 ans » est adapté, génération par génération (art. D351-1-1, II, rédaction du décret n° 2026-345 du 7 mai 2026). Les âges de 58, 60 et 63 ans ne changent pas. Le tableau compare avec l’âge légal de chaque génération (art. L161-17-2).

Date de naissance Début avant 20 ans : départ dès Âge légal Durée cotisée
1er sept. au 31 déc. 1963 60 ans et 3 mois 62 ans et 9 mois 170
1964 60 ans et 6 mois 62 ans et 9 mois 170
1er janv. au 31 mars 1965 60 ans et 9 mois 62 ans et 9 mois 170
1er avril au 30 nov. 1965 60 ans et 9 mois 63 ans 171
1er au 31 déc. 1965 60 ans et 8 mois 63 ans 171
1966 60 ans et 9 mois 63 ans et 3 mois 172
1967 61 ans 63 ans et 6 mois 172
1968 61 ans et 3 mois 63 ans et 9 mois 172
1969 61 ans et 6 mois 64 ans 172
1970 61 ans et 9 mois 64 ans 172
À partir de 1971 62 ans 64 ans 172

Pour les natifs de 1966 à 1969, le texte fixe l’âge « avant 20 ans » à l’âge légal moins 2 ans et 6 mois. L’âge de 60 ans et 8 mois des personnes nées en décembre 1965 figure tel quel dans le décret, et dans les tableaux de la Cnav.

Le cas « avant 21 ans » (63 ans) ne fait partir plus tôt que si l’âge légal dépasse 63 ans, c’est-à-dire pour les personnes nées à partir de 1966. Pour une personne née d’avril à décembre 1965, dont l’âge légal est de 63 ans, il n’avance pas le départ. C’est une comparaison des deux tableaux, que la Cnav traduit dans ses annexes : elle n’y fait figurer l’âge de 63 ans qu’à partir de la génération 1966.

Retraites qui ont pris effet avant le 1er septembre 2026

Les nouvelles règles ne valent que pour les retraites prenant effet à compter du 1er septembre 2026 (art. 104 et 105 de la loi n° 2025-1403 ; décret n° 2026-345, art. 4). Avant cette date, l’âge du cas « avant 20 ans » était de 61 ans pour les natifs de 1966, 61 ans et 3 mois pour 1967, 61 ans et 6 mois pour 1968, 61 ans et 9 mois pour 1969 et 62 ans pour 1970 (version de l’article D351-1-1 en vigueur du 1er janvier au 1er septembre 2026, et tableau de l’Assurance retraite). La durée cotisée était de 171 trimestres pour la génération 1964 et de 172 à partir de 1965.

Ce que la suspension de la réforme a changé

La loi de financement de la sécurité sociale pour 2026 (loi n° 2025-1403 du 30 décembre 2025, art. 105) ne supprime pas la réforme de 2023 : elle décale son calendrier d’une génération. L’âge légal est fixé à 62 ans et 9 mois pour les personnes nées du 1er janvier 1963 au 31 mars 1965 (il était de 63 ans pour les natifs de 1964 et de 63 ans et 3 mois pour ceux de 1965), puis reprend sa hausse de trois mois par génération jusqu’à 64 ans pour les personnes nées à partir de 1969. La durée du taux plein suit le même décalage. Le projet de loi de financement pour 2027, déposé le 1er octobre 2026, résume l’effet ainsi : la LFSS 2026 « a suspendu la réforme de 2023 en décalant sa montée en charge d’une génération ».

Pour les carrières longues, trois changements s’appliquent aux retraites prenant effet depuis le 1er septembre 2026 :

  1. L’âge du cas « avant 20 ans » baisse de trois mois pour les générations 1966 à 1970, et d’un mois pour les natifs de décembre 1965 (décret n° 2026-345 du 7 mai 2026). Les natifs de 1964 et du reste de 1965 gardent l’âge qu’ils avaient avant la suspension (60 ans et 6 mois, 60 ans et 9 mois).
  2. La durée cotisée exigée baisse : 170 trimestres au lieu de 171 pour les personnes nées en 1964, 170 au lieu de 172 pour celles nées de janvier à mars 1965, 171 au lieu de 172 pour celles nées d’avril à décembre 1965.
  3. Jusqu’à 2 trimestres de majoration pour enfants comptent désormais comme cotisés (art. 104 de la loi et article D351-1-2-1, créé par le décret n° 2026-700 du 29 juillet 2026).

Les âges de 58, 60 et 63 ans (début avant 16, 18 ou 21 ans) ne sont pas modifiés.

Les trimestres « réputés cotisés » et leurs plafonds

Certaines périodes sans cotisation de l’assuré sont comptées comme cotisées pour la carrière longue, chacune dans une limite fixée pour toute la carrière, tous régimes confondus (art. D351-1-2 et D351-1-2-1 ; circulaire Cnav n° 2026-29, point 1.2.3).

Période Nombre retenu au plus
Service national (un trimestre par période de 90 jours) 4 trimestres
Maladie et accident du travail indemnisés (incapacité temporaire) 4 trimestres
Chômage indemnisé et activité partielle indemnisée 4 trimestres
Assurance vieillesse des parents au foyer (AVPF) et des aidants (AVA) 4 trimestres
Pension d’invalidité 2 trimestres
Majorations de durée d’assurance pour enfants (depuis le 1er septembre 2026) 2 trimestres
Congé maternité ou d’adoption indemnisé sans limite
Trimestres du compte professionnel de prévention (pénibilité) sans limite

Trois règles complètent ce tableau :

  • 4 trimestres au plus par année civile, cotisés et réputés cotisés additionnés (art. D351-1-2, II). Une année déjà complète par le travail ne gagne rien avec un arrêt maladie.
  • Quand une même année comporte plusieurs types de trimestres réputés cotisés, la caisse retient la répartition la plus favorable à l’assuré sur l’ensemble de la carrière (circulaire Cnav, point 1.2.4.2).
  • Pour la maladie et les accidents du travail, un trimestre est validé pour chaque trimestre civil où l’on atteint le 60e jour d’indemnisation ; pour la maternité, un trimestre par période de 90 jours d’indemnités, avec au moins un trimestre (circulaire Cnav, points 1.2.3.2 et 1.2.3.3).

Les trimestres pour enfants retenus sont les majorations de maternité, d’adoption et d’éducation (art. L351-4) et pour congé parental (art. L351-5) du régime général, et leurs équivalents dans les autres régimes de base. La majoration pour enfant handicapé (art. L351-4-1) et celle pour aidant d’un adulte handicapé (art. L351-4-2) ne comptent pas (circulaire Cnav, annexes 1 et 4).

Ce qui ne compte pas, ou seulement sous conditions

D’après l’annexe 1 de la circulaire Cnav n° 2026-29 :

  • les périodes reconnues équivalentes ne comptent pas dans la durée cotisée ;
  • les versements pour la retraite au titre des études supérieures ou des années incomplètes demandés depuis le 13 octobre 2008, donc toute demande faite aujourd’hui, sont exclus. Ceux demandés avant le 1er janvier 2006 sont retenus s’ils ont été faits au titre du taux et de la durée ; ceux demandés du 1er janvier 2006 au 12 octobre 2008 ne le sont que pour les périodes antérieures à la fin de l’année civile des 17 ans, et s’ils ont été faits au titre du taux et de la durée (circulaire, point 1.4.1) ;
  • les versements pour la retraite au titre de la formation initiale (tarif réduit), des périodes d’assistant maternel, de sportif de haut niveau ou de mandat d’élu local ne comptent pas (point 1.4.2) ;
  • les versements pour les années d’apprentissage (contrats conclus du 1er juillet 1972 au 31 décembre 2013, quatre trimestres au plus, option taux et durée seulement, art. L351-14-1, IV, et D351-14-3) sont retenus, pour la condition de début d’activité comme pour la durée cotisée (point 1.4.3) ; des années d’apprentissage rachetées en dehors de ce dispositif, comme années incomplètes au prix normal, ne relèvent pas de cette exception, qui ne vise que le versement du IV de l’article L351-14-1 : l’annexe 1 de la circulaire range ces versements avec les années incomplètes, non retenues pour les demandes faites depuis le 13 octobre 2008. Seule la caisse peut confirmer, avant le paiement, la prise en compte d’un versement pour une carrière longue ;
  • les rachats « activité hors de France », « affiliation tardive », « travail pénal » et « organisations internationales » demandés depuis le 1er janvier 2011 ne comptent que s’ils ont été faits au titre du taux et de la durée (point 1.3).

Le détail des rachats et de leur prix est dans notre guide sur le rachat de trimestres.

Exemple chiffré

Exemple fictif, avec des hypothèses choisies pour illustrer le calcul. Retraite prenant effet après le 1er septembre 2026.

Hypothèses : un salarié du privé est né le 10 mars 1967. Il a commencé à travailler en juin 1985 et son relevé de carrière fait apparaître 3 trimestres en 1985, puis 4 trimestres par an. Il vise un départ au 1er avril 2028. À cette date, on suppose que sa carrière comprendra :

  • 160 trimestres cotisés au titre de ses emplois ;
  • 4 trimestres de service national ;
  • 6 trimestres de chômage indemnisé ;
  • 2 trimestres d’arrêt maladie indemnisé ;
  • aucun dépassement de 4 trimestres sur une même année civile.

Étape 1, début de carrière. Il a eu 18 ans en 1985 : 3 trimestres à la fin de cette année, moins que les 5 exigés, donc pas de départ au titre du cas « avant 18 ans ». Il a eu 20 ans en 1987 : 3 + 4 + 4 = 11 trimestres à la fin de 1987, au moins 5. Il relève du cas « avant 20 ans ».

Étape 2, âge de départ. Pour la génération 1967, le cas « avant 20 ans » ouvre le départ à 61 ans. Il les a le 10 mars 2028. Une retraite commence le premier jour d’un mois et pas avant que les conditions soient remplies (circulaire Cnav, point 3) : départ possible au plus tôt le 1er avril 2028.

Étape 3, durée cotisée. Il faut 172 trimestres pour la génération 1967.

Trimestres Sur le relevé Retenus
Emplois (cotisés) 160 160
Service national 4 4
Chômage indemnisé 6 4 (plafond)
Maladie indemnisée 2 2
Total 172 170

Il lui manque 2 trimestres cotisés : il ne peut pas partir au 1er avril 2028 au titre de la carrière longue. Ses six trimestres de chômage restent comptés dans sa durée d’assurance pour le calcul de sa pension ; seuls quatre servent à la condition de durée cotisée. Le départ anticipé reste possible plus tard, dès qu’il aura cotisé deux trimestres de plus. Sans carrière longue, l’âge légal de sa génération est de 63 ans et 6 mois, soit un départ au 1er octobre 2030 au plus tôt.

Variante. Il s’agit cette fois d’une assurée, née le même jour et mère de deux enfants, qui a des majorations de durée d’assurance pour enfants au régime général. Mêmes hypothèses de début de carrière et de date de départ ; à la place du service national, son relevé comporte 4 trimestres de congé maternité. Sont retenus : 160 trimestres cotisés, 4 de congé maternité (sans plafond), 4 de chômage sur 6 et 2 de maladie, soit 170. Pour une retraite prenant effet depuis le 1er septembre 2026, 2 de ses trimestres de majoration pour enfants comptent aussi comme cotisés : 170 + 2 = 172. La condition est remplie, et le départ au 1er avril 2028 est possible, 30 mois avant l’âge légal (1er octobre 2030).

Le résultat réel dépend du relevé de carrière et de l’examen de la caisse. Le simulateur d’Info Retraite donne l’âge et la durée exigés selon l’année de naissance et l’âge de début ; le service « Mon estimation retraite » de son compte Info Retraite tient compte du dispositif.

Le montant de la retraite

La retraite anticipée pour carrière longue est calculée comme toute retraite, mais elle est « obligatoirement calculée au taux plein de 50 % » au régime général (circulaire Cnav, point 4.2, qui renvoie à l’article L351-8 du code de la sécurité sociale) : pas de décote. La durée d’assurance retenue dans le calcul est déterminée « dans les conditions de droit commun » (point 4.3) : chaque régime de base calcule sa part selon les trimestres acquis chez lui. La pension peut être portée au minimum contributif, et la majoration pour enfants de 10 % (art. L351-12) peut s’y ajouter (circulaire Cnav, points 4.4 et 5.1). Ce pourcentage pourrait disparaître pour les départs plus tardifs : l’article 34 du projet de loi de financement de la sécurité sociale pour 2027 (n° 3211, déposé le 1er octobre 2026, non adopté au 29 octobre 2026) le remplacerait par un montant forfaitaire, fixé par décret, pour les pensions prenant effet à compter du 1er juillet 2027.

Partir plus tôt signifie aussi cotiser moins longtemps, et donc acquérir moins de trimestres et de points qu’en travaillant jusqu’à l’âge légal. On peut comparer les montants à plusieurs dates avec le service « Mon estimation retraite » d’Info Retraite.

Retraite complémentaire Agirc-Arrco

Pour les salariés du privé, l’Agirc-Arrco verse la retraite complémentaire à taux plein, sans coefficient de minoration, avant l’âge légal, si l’on a obtenu sa retraite de base au titre d’une longue carrière : « Vous pouvez obtenir votre retraite complémentaire avant l’âge légal de départ à la retraite à taux plein à condition d’avoir obtenu votre retraite de l’Assurance retraite ou de la Mutualité sociale » (agirc-arrco.fr).

Les coefficients de solidarité, une minoration temporaire de la complémentaire instaurée par l’accord Agirc-Arrco du 17 novembre 2017, ne s’appliquent plus : l’accord du 5 octobre 2023 (art. 2) les a écartés pour les retraites prenant effet à partir du 1er décembre 2023 et pour les versements dus à partir du 1er avril 2024 sur les retraites antérieures. Une carrière longue n’entraîne donc pas de malus Agirc-Arrco en 2026.

Fonctionnaires, indépendants, agriculteurs

  • Fonctionnaires : le dispositif existe aussi dans le code des pensions civiles et militaires (art. L25 bis), avec les mêmes âges de début d’activité et une durée cotisée tous régimes confondus (fiche F13946). Les périodes réputées cotisées ont leur propre liste : notamment le congé de maladie statutaire, de longue maladie ou de longue durée (4 trimestres au plus), et les bonifications ou majorations pour enfants (2 trimestres au plus). Les contractuels de la fonction publique relèvent de l’Assurance retraite, comme les salariés du privé.
  • Artisans et commerçants : les règles du régime général s’appliquent à leur retraite de base (circulaire Cnav, qui vise les travailleurs indépendants de l’article L631-1).
  • Professions libérales et avocats : leurs régimes de base prévoyaient déjà une retraite anticipée pour carrière longue (art. L643-3, II, et L653-2, II). Pour les pensions prenant effet depuis le 1er septembre 2026, ces deux articles, réécrits par l’article 104 de la LFSS 2026, renvoient aux conditions de l’article L351-1-1.
  • Exploitants agricoles : 4 trimestres suffisent en début de carrière si l’activité a commencé au régime des non-salariés agricoles (Assurance retraite ; circulaire Cnav, point 1.1.3).

Les démarches

  1. Vérifier son relevé de carrière, sur son compte Info Retraite ou sur lassuranceretraite.fr. En cas d’erreur ou d’oubli, une régularisation peut être demandée à partir de 55 ans (Assurance retraite).
  2. Obtenir son attestation avec le service « Obtenir mon âge de départ à la retraite » de son espace personnel sur lassuranceretraite.fr. Selon la date de départ envisagée, l’attestation est provisoire ou définitive. Elle n’est pas obligatoire pour faire la demande (circulaire Cnav, points 2.1 et 2.2).
  3. Demander sa retraite au plus tôt 5 mois avant la date de départ choisie : en ligne, avec le service « Demander ma retraite » d’Info Retraite, qui transmet une demande unique valable auprès de l’ensemble de ses régimes ; ou avec le formulaire papier « Demande unique de retraite anticipée de base pour carrière longue », adressé à la caisse de sa dernière activité (service-public.gouv.fr, R36296).
  4. Attendre la confirmation de toutes ses caisses avant d’arrêter de travailler : l’Assurance retraite et service-public.gouv.fr insistent sur ce point, régimes de base comme complémentaires.

La date de départ est le premier jour d’un mois, choisi par l’assuré. Elle ne peut pas précéder la date de dépôt de la demande ni la date à laquelle les conditions sont remplies (circulaire Cnav, point 3).

Après le départ

  • Cessation d’activité : la retraite n’est versée qu’après la fin de l’activité (circulaire Cnav, point 8).
  • Reprendre un emploi reste possible, mais avant l’âge légal le cumul est limité : voir notre guide du cumul emploi-retraite.
  • Pension d’invalidité : elle cesse d’être versée dès l’attribution de la retraite anticipée (Assurance retraite).
  • Allocations chômage : elles cessent d’être versées aux bénéficiaires d’une retraite anticipée pour carrière longue (circulaire Cnav, point 7.4, qui renvoie au code du travail, art. L5421-4).

Pour réduire son activité sans la cesser avant l’âge légal, la retraite progressive obéit à d’autres conditions : 60 ans et 150 trimestres en 2026.

Lexique
  • Âge légal : âge minimal de départ à la retraite fixé pour chaque génération (art. L161-17-2), de 62 ans et 9 mois à 64 ans pour les personnes nées à partir de 1963.
  • Taux plein : taux maximal de calcul de la retraite de base (50 % au régime général), sans décote.
  • Durée d’assurance cotisée : trimestres ayant donné lieu à des cotisations de l’assuré, plus les trimestres « réputés cotisés » dans leurs limites.
  • Trimestres assimilés : trimestres validés sans cotisation (chômage, maladie, maternité, service national…), retenus dans la durée d’assurance, mais seulement en partie dans la durée cotisée.
  • Majoration de durée d’assurance pour enfant : trimestres accordés au titre de la naissance, de l’adoption, de l’éducation d’un enfant ou d’un congé parental.
  • AVPF, AVA : assurance vieillesse des parents au foyer et assurance vieillesse des aidants, financées par la caisse d’allocations familiales.
  • Cnav : Caisse nationale d’assurance vieillesse, tête du réseau de l’Assurance retraite (régime général).
  • LFSS : loi de financement de la sécurité sociale, votée chaque année.

Contenu informatif, qui ne constitue pas un conseil personnalisé et ne remplace pas l’examen de votre dossier par votre caisse de retraite. La rédaction.

Sources

  1. Code de la sécurité sociale, art. L351-1-1 (retraite anticipée pour carrière longue), rédaction issue de la loi n° 2025-1403 du 30/12/2025, art. 104 (pensions prenant effet à compter du 1er septembre 2026) legifrance.gouv.fr, consulté le 29 octobre 2026
  2. Code de la sécurité sociale, art. D351-1-1 à D351-1-3 (âges, trimestres réputés cotisés, début d’activité), version en vigueur au 29/10/2026 ; D351-1-1 modifié par le décret n° 2026-345 du 7 mai 2026, D351-1-2-1 créé par le décret n° 2026-700 du 29 juillet 2026 legifrance.gouv.fr, consulté le 29 octobre 2026
  3. Code de la sécurité sociale, art. D351-1-1, version en vigueur du 1er janvier au 1er septembre 2026 legifrance.gouv.fr, consulté le 29 octobre 2026
  4. Code de la sécurité sociale, art. L161-17-2 (âge légal) et L161-17-3 (durée du taux plein), rédaction issue de la loi n° 2025-1403, art. 105 legifrance.gouv.fr, consulté le 29 octobre 2026
  5. Loi n° 2025-1403 du 30 décembre 2025 de financement de la sécurité sociale pour 2026, art. 104 et 105 (JORF du 31/12/2025) legifrance.gouv.fr, consulté le 29 octobre 2026
  6. Cnav, circulaire n° 2026-29 du 4 septembre 2026, « Retraite anticipée pour carrière longue à compter du 1er septembre 2026 » legislation.lassuranceretraite.fr, consulté le 29 octobre 2026
  7. L’Assurance retraite, « J’ai une carrière longue » lassuranceretraite.fr, consulté le 29 octobre 2026
  8. L’Assurance retraite, « Carrière longue : quels changements avec la suspension de la réforme des retraites ? » (mis à jour le 1er juin 2026) lassuranceretraite.fr, consulté le 29 octobre 2026
  9. Service-public.gouv.fr, fiche F13845 « Retraite anticipée pour carrière longue du salarié » (vérifiée le 1er septembre 2026) service-public.gouv.fr, consulté le 29 octobre 2026
  10. Service-public.gouv.fr, fiche F13946 « Retraite anticipée pour carrière longue du fonctionnaire » (vérifiée le 1er septembre 2026) service-public.gouv.fr, consulté le 29 octobre 2026
  11. Service-public.gouv.fr, fiche F14043 « À partir de quel âge un salarié peut-il partir en retraite ? » (vérifiée le 14 août 2026) service-public.gouv.fr, consulté le 29 octobre 2026
  12. Service-public.gouv.fr, formulaire R36296 « Demande unique de retraite anticipée de base pour carrière longue » service-public.gouv.fr, consulté le 29 octobre 2026
  13. Info Retraite, « Êtes-vous éligible à un départ anticipé pour carrière longue ? » info-retraite.fr, consulté le 29 octobre 2026
  14. Agirc-Arrco, « Ma retraite : à quel âge, pour quel montant ? » agirc-arrco.fr, consulté le 29 octobre 2026
  15. Accord national interprofessionnel Agirc-Arrco du 5 octobre 2023, art. 2 (fin des coefficients de solidarité) agirc-arrco.fr, consulté le 29 octobre 2026

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