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Cumul emploi-retraite : règles 2026, plafonds et ce qui change en 2027
Retraité avant 2027 avec le taux plein, on cumule sans limite pension et salaire, avec des droits à une seconde pension. Pour les départs dès 2027, la loi fait dépendre le cumul de l’âge, avec des limites jusqu’à 67 ans.
Le cumul emploi-retraite permet de toucher sa retraite tout en reprenant ou en poursuivant une activité professionnelle. Il est régi par les articles L161-22 et suivants du code de la sécurité sociale. Ces articles ont été réécrits par l’article 102 de la loi n° 2025-1403 du 30 décembre 2025 (LFSS pour 2026), mais la nouvelle rédaction ne s’applique qu’aux assurés dont la première pension de base prend effet à compter du 1er janvier 2027. Pour tous les autres, les règles décrites dans la première partie restent valables.
| Date d’effet de la première retraite de base | Règles applicables |
|---|---|
| Avant le 1er janvier 2027 | Règles « 2023 » : cumul intégral ou plafonné, seconde pension |
| À partir du 1er janvier 2027 | Règles « 2027 » fondées sur l’âge |
L’Assurance retraite le confirme : une personne retraitée avant le 1er janvier 2027 « pourr[a] bénéficier des anciennes conditions, même si [elle] reprend un emploi dans plusieurs années » (actualité mise à jour le 24 septembre 2026).
Règles en vigueur en 2026 (premières retraites avant le 1er janvier 2027)
Le cumul intégral
On peut cumuler sa retraite et un revenu d’activité sans limite de montant si l’on remplit deux conditions (CSS, art. L161-22 dans sa rédaction de 2023 ; fiche F13243) :
- avoir obtenu toutes ses retraites personnelles, de base et complémentaires, françaises et étrangères, auxquelles on a droit à son âge. Une pension dont l’âge d’ouverture est plus élevé (certains régimes étrangers, par exemple) n’est pas exigée tant que cet âge n’est pas atteint ;
- avoir une retraite de base à taux plein, c’est-à-dire sans décote : soit parce qu’on est parti à l’âge légal ou plus tard avec le nombre de trimestres requis pour sa génération, soit parce qu’on a atteint 67 ans, âge du taux plein automatique, quel que soit le nombre de trimestres.
On peut alors reprendre une activité dès le départ à la retraite, chez n’importe quel employeur, y compris l’ancien. Seule nuance pour l’ancien employeur : la reprise ne crée de nouveaux droits que si elle intervient au moins six mois après le départ (voir plus bas).
Certaines activités sont librement cumulables même sans taux plein : activités artistiques, activités accessoires artistiques, littéraires ou scientifiques déjà exercées avant la retraite, participation à des jurys ou à des activités juridictionnelles, consultations occasionnelles, hébergement en milieu rural avec ses propres biens, mandats d’élu local, assistant maternel, activités de professionnels de santé en zone sous-dotée, notamment. Plusieurs sont soumises à conditions ; une activité dite de faible importance, par exemple, ne doit pas avoir rapporté plus du tiers du Smic annuel l’année précédant la retraite, soit 7 292,13 € en 2025 pour un départ en 2026 (fiche F13243).
Le cumul plafonné
Sans taux plein et hors activité libre, le cumul reste possible, mais le total des retraites (de base et complémentaires) et du revenu d’activité ne doit pas dépasser un plafond, égal au montant le plus favorable entre (fiche F13243) :
- 160 % du Smic, soit 2 916,85 € brut par mois en 2026 (Smic au 1er janvier, sur 1 820 heures par an) ;
- le dernier salaire avant la retraite : moyenne mensuelle des salaires soumis à CSG (contribution sociale généralisée) des trois derniers mois d’activité. Un ancien salarié à temps partiel peut demander que ce salaire soit calculé sur la base d’un temps plein.
Pour la comparaison, le revenu d’activité compte pour 98,25 % de son montant (la part soumise à CSG) et les pensions pour leur montant brut. En cas de dépassement, la retraite de base est réduite du montant du dépassement. Avec un nouvel employeur, la reprise peut être immédiate. Chez le dernier employeur, il faut attendre six mois après le départ : à défaut, la retraite de base est suspendue pendant la période de reprise, au plus jusqu’à la fin du sixième mois.
Le cumul plafonné ne crée aucun nouveau droit : on cotise sans acquérir de trimestres ni de points (fiche F13243 ; Agirc-Arrco).
Exemple chiffré : cumul plafonné en 2026
Exemple fictif, avec des hypothèses choisies pour illustrer le calcul. Montants bruts mensuels.
Hypothèses : un ancien salarié du privé est parti à la retraite avec une décote, donc sans taux plein. Il touche 900 € de retraite de base et 400 € d’Agirc-Arrco, soit 1 300 €. Son salaire moyen des trois derniers mois était de 2 500 €. Il reprend un emploi chez un nouvel employeur.
- Plafond : le plus favorable entre 2 916,85 € (160 % du Smic) et 2 500 € (dernier salaire) : 2 916,85 €.
- Nouveau salaire de 1 500 € : retenu pour 1 500 × 98,25 % = 1 473,75 €. Total : 1 300 + 1 473,75 = 2 773,75 €, sous le plafond. Aucune réduction.
- Nouveau salaire de 2 000 € : retenu pour 1 965 €. Total : 1 300 + 1 965 = 3 265 €. Dépassement : 3 265 − 2 916,85 = 348,15 €. La retraite de base passe de 900 € à 551,85 €.
Pour la complémentaire, l’Agirc-Arrco applique ses propres seuils (voir ci-dessous) : dans ce second cas, il faudrait vérifier si le total dépasse aussi les trois montants de référence du régime, auquel cas la retraite complémentaire serait suspendue.
Les règles de l’Agirc-Arrco
La retraite complémentaire des salariés du privé suit des règles proches, avec des différences (agirc-arrco.fr) :
- cumul sans limite aux mêmes conditions que le régime de base (toutes les retraites obtenues, taux plein ou 67 ans) ;
- cumul avec limite : la somme des retraites et du salaire ne doit pas dépasser 160 % du Smic, le dernier salaire normal revalorisé ou le salaire moyen revalorisé des dix dernières années. Au-delà de ces trois montants, la retraite complémentaire est suspendue, et non réduite ;
- l’Agirc-Arrco indique qu’aucun délai n’est prévu pour reprendre une activité ; il faut prévenir sa caisse avant la reprise.
La seconde pension : les nouveaux droits depuis 2023
Depuis la réforme des retraites de 2023, le cumul intégral permet de se constituer de nouveaux droits (CSS, art. L161-22-1 et L161-22-1-1 ; fiche F13243) :
- une nouvelle pension de base, versée quand on cesse l’activité et qu’on la demande, calculée au taux plein, sans décote, mais sans aucune majoration (pour enfants notamment) ;
- plafonnée à 5 % du plafond annuel de la sécurité sociale, soit 2 403 € brut par an en 2026 (environ 200 € par mois), selon l’article D161-2-22-1 du code de la sécurité sociale, issu du décret n° 2023-753 du 10 août 2023 (Légifrance) ;
- seules comptent les périodes réellement cotisées par l’assuré ; les rachats de trimestres sont exclus ;
- une seule seconde pension par régime de base (art. L161-22-1-2) ; après elle, aucun droit nouveau ne peut être acquis ;
- chez son dernier employeur, la reprise ne crée des droits que si elle intervient au moins six mois après le départ ; sinon, elle n’en créera jamais (fiche F13243).
À l’Agirc-Arrco, les cotisations dues depuis le 1er janvier 2023 sur la tranche 1 du salaire (jusqu’au plafond de la sécurité sociale : 4 005 € par mois, 48 060 € par an en 2026) rapportent des points, si l’on est en cumul sans limite (accord national interprofessionnel du 5 octobre 2023, art. 3). Ils donnent droit à une seconde retraite complémentaire, sans minoration ni majoration : nombre de points × valeur du point. Une fois attribuée, plus aucun point ne peut être acquis.
La demande se fait sur info-retraite.fr, service « Demander ma retraite après un cumul emploi-retraite », ouvert deux mois avant la date souhaitée : une seule demande pour toutes les caisses.
Indépendants et fonctionnaires, en bref
Travailleurs indépendants (artisans, commerçants, professions libérales relevant de l’Assurance retraite) : même logique de cumul intégral ou plafonné. La retraite complémentaire des indépendants, gérée par l’Assurance retraite, suit les règles de la retraite de base : versée en cumul intégral, versée en cumul plafonné tant que les plafonds ne sont pas dépassés, suspendue pendant la même durée que la retraite de base en cas de dépassement (lassuranceretraite.fr). Les plafonds propres aux indépendants sont publiés par l’Assurance retraite. Les professions libérales affiliées à une caisse propre (Cipav, Carmf, CNBF…) relèvent de règles particulières.
Fonctionnaires (SRE pour l’État, CNRACL pour les collectivités et les hôpitaux) : cumul intégral aux mêmes conditions, ou après une retraite pour invalidité. Sinon, le revenu d’activité annuel brut ne doit pas dépasser 8 198,10 € (montant 2026) augmentés du tiers de la pension annuelle brute ; l’excédent est déduit de la pension (fiche F12402). Exemple donné par la fiche : avec 18 000 € de pension, la limite est de 14 198,10 €. Un ancien contractuel suit les règles du privé.
Ce qui change pour les retraites prenant effet à partir de 2027
Statut : voté. Article 102 de la LFSS pour 2026, applicable aux assurés dont la première pension de base prend effet à compter du 1er janvier 2027. Le seuil n’est pas encore fixé : au 29 octobre 2026, le décret n’était pas paru au Journal officiel (recherche sur Légifrance du 29 octobre 2026) ; l’Assurance retraite écrivait le 24 septembre 2026 que sa parution était « attendue avant fin 2026 ».
La distinction entre cumul intégral et plafonné disparaît. Seul l’âge compte (CSS, art. L161-22, III, nouvelle rédaction) :
| Âge du retraité qui travaille | Règle à partir de 2027 | Seconde pension |
|---|---|---|
| Avant l’âge légal (carrière longue, par exemple) | Pension réduite à due concurrence des revenus professionnels et de remplacement : chaque euro gagné est retiré de la pension | Non |
| De l’âge légal à 67 ans | Pension réduite de la moitié du dépassement d’un seuil fixé par décret ; montant envisagé : 7 000 € brut par an (décret non paru au 29 octobre 2026) | Non |
| À partir de 67 ans | Cumul total, sans plafond | Oui |
Les « revenus de remplacement » pris en compte incluent les indemnités journalières de maladie, le complément de salaire de l’employeur en arrêt maladie et les allocations chômage. Pour qui touche plusieurs retraites, la réduction est répartie entre elles selon des modalités fixées par décret, par priorité sur les retraites de base. Après l’âge légal, il faut toujours avoir demandé toutes ses retraites, sans quoi la retraite de base est suspendue (art. L161-22, II, 3°). Les revenus d’une activité d’intérêt général ou concourant à un service public pourront être exclus du calcul, dans des conditions fixées par décret ; certains régimes (marins, artistes du ballet de l’Opéra de Paris, certains anciens agents des mines, pensions militaires, pensions d’invalidité de fonctionnaires) gardent un cumul total.
La seconde pension n’est plus possible qu’après 67 ans. La nouvelle rédaction de l’article L161-22-1-1 ne prévoit plus de plafond pour la nouvelle pension. Le plafond de 5 % du plafond de la sécurité sociale fixé par l’article D161-2-22-1 renvoie au dernier alinéa de l’ancienne rédaction, qui a été supprimé ; au 29 octobre 2026, les caisses n’avaient pas encore précisé la règle applicable aux pensions prises à partir de 2027.
La nouvelle rédaction des articles L161-22 et L161-22-1 ne reprend pas non plus le délai de six mois avant de reprendre une activité chez son dernier employeur. Ce point reste à confirmer par les textes d’application, non parus au 29 octobre 2026.
Exemple chiffré : règles 2027 avec le seuil envisagé
Exemple fictif. Le seuil de 7 000 € est celui envisagé par service-public.gouv.fr et l’Assurance retraite ; il n’est pas encore fixé par décret. Le mode exact de calcul des revenus pris en compte dépendra du décret.
Hypothèses : une salariée part à la retraite en 2027 à l’âge légal. Ses retraites (base et complémentaire) atteignent 18 000 € brut par an. Elle reprend une activité qui lui rapporte 12 000 € brut par an.
- Dépassement du seuil : 12 000 − 7 000 = 5 000 €.
- Réduction : la moitié, soit 5 000 ÷ 2 = 2 500 € par an.
- Retraites versées : 18 000 − 2 500 = 15 500 € par an, environ 1 292 € par mois, en plus des 12 000 € de revenus d’activité. Cette réduction s’applique jusqu’à ses 67 ans ; au-delà, le cumul devient total.
Si elle était partie avant l’âge légal au titre d’une carrière longue, la retraite serait réduite des 12 000 € entiers jusqu’à l’âge légal, soit 6 000 € versés, puis selon la règle de la moitié du dépassement jusqu’à 67 ans. Si sa première retraite avait pris effet avant 2027 avec le taux plein, elle cumulerait sans réduction et acquerrait des droits à une seconde pension.
Et le PLFSS 2027 ?
Le projet de loi de financement de la sécurité sociale pour 2027 (n° 3211, déposé le 1er octobre 2026), en cours de discussion, ne contient pas d’article modifiant ces règles dans sa version déposée ; son annexe chiffre l’économie attendue de la réforme votée en 2025 à 0,2 milliard d’euros en 2027. Des amendements peuvent encore changer la donne d’ici son adoption.
Démarches
- Salarié du privé : déclarer sa reprise d’activité par écrit à sa Carsat dans le mois qui suit (fiche F13243), et prévenir l’Agirc-Arrco avant de reprendre. En cumul plafonné, si la déclaration a été faite à temps, la réduction s’applique à partir du mois qui suit la notification du nouveau montant. Il faut aussi signaler toute baisse ou fin d’activité.
- Fonctionnaire : déclarer la reprise au SRE (messagerie de l’espace ENSAP) ou à la CNRACL (fiche F12402).
- Seconde pension : à la fin de l’activité, la demander sur info-retraite.fr (« Demander ma retraite après un cumul emploi-retraite ») ; elle n’est pas attribuée automatiquement.
- Départs à partir de 2027 : l’Assurance retraite annonce un simulateur de réduction de la pension au premier trimestre 2027.
Pour réduire son activité avant de prendre sa retraite complète, plutôt qu’après, il existe un autre dispositif, aux règles différentes : la retraite progressive. Une fois en retraite progressive, le cumul emploi-retraite ne s’applique pas.
Lexique
- Liquidation : demande et obtention de sa retraite auprès d’une caisse.
- Taux plein : retraite de base sans décote, obtenue avec le nombre de trimestres requis ou à 67 ans.
- Âge légal : âge minimal de départ, qui dépend de l’année de naissance.
- PASS : plafond annuel de la sécurité sociale, 48 060 € en 2026.
- Carsat : caisse régionale de l’Assurance retraite (régime général).
- SRE, CNRACL : caisses de retraite des fonctionnaires de l’État, et des collectivités locales et hôpitaux.
- LFSS, PLFSS : loi (ou projet de loi) de financement de la sécurité sociale, votée chaque année.
- Revenus de remplacement : indemnités journalières, allocations chômage, qui remplacent un salaire.
Contenu informatif, qui ne constitue pas un conseil personnalisé et ne remplace pas l’information de votre caisse de retraite. La rédaction.
Sources
- Code de la sécurité sociale, art. L161-22, version en vigueur du 1er septembre 2023 au 31 décembre 2025 (règles qui restent applicables aux pensions prises avant le 1er janvier 2027) legifrance.gouv.fr, consulté le 28 octobre 2026
- Code de la sécurité sociale, art. L161-22, rédaction issue de la loi n° 2025-1403 du 30 décembre 2025, art. 102 (premières pensions à partir du 1er janvier 2027) legifrance.gouv.fr, consulté le 28 octobre 2026
- Code de la sécurité sociale, art. L161-22-1, versions 2023-2025 et issue de la LFSS 2026 legifrance.gouv.fr, consulté le 28 octobre 2026
- Code de la sécurité sociale, art. L161-22-1-1 (nouvelle pension), versions du 28/02/2025 et issue de la LFSS 2026 legifrance.gouv.fr, consulté le 28 octobre 2026
- Code de la sécurité sociale, art. D161-2-22-1 (plafond de la nouvelle pension : 5 % du plafond annuel de la sécurité sociale), créé par le décret n° 2023-753 du 10 août 2023 legifrance.gouv.fr, consulté le 29 octobre 2026
- Code de la sécurité sociale, art. L161-22-1-2 (une seule seconde pension, exceptions) legifrance.gouv.fr, consulté le 28 octobre 2026
- Service-public.gouv.fr, fiche F13243 « Cumul emploi-retraite du salarié » (vérifiée le 1er janvier 2026) service-public.gouv.fr, consulté le 29 octobre 2026
- Service-public.gouv.fr, fiche F12402 « Cumul emploi-retraite du fonctionnaire » (vérifiée le 1er janvier 2026) service-public.gouv.fr, consulté le 28 octobre 2026
- Service-public.gouv.fr, actualité A18914 « De nouvelles règles pour le cumul emploi-retraite à partir de 2027 » (22 mai 2026) service-public.gouv.fr, consulté le 29 octobre 2026
- L’Assurance retraite, « Cumuler emploi et retraite : les règles changent » (mis à jour le 24 septembre 2026) lassuranceretraite.fr, consulté le 29 octobre 2026
- L’Assurance retraite, « Cumuler un emploi et ma retraite » lassuranceretraite.fr, consulté le 29 octobre 2026
- Agirc-Arrco, « Cumul emploi-retraite » agirc-arrco.fr, consulté le 28 octobre 2026
- Accord national interprofessionnel Agirc-Arrco du 5 octobre 2023, art. 3 (points acquis en cumul emploi-retraite) agirc-arrco.fr, consulté le 28 octobre 2026
- Projet de loi de financement de la sécurité sociale pour 2027, n° 3211, déposé le 1er octobre 2026 assemblee-nationale.fr, consulté le 28 octobre 2026
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